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Le coton : Comment faire son choix ?

Le coton

Selon l’association britannique Oxfam, le coton est la première culture non vivrière dans le monde, et concerne 5% des surfaces cultivables de la planète.

Le coton représente 40% de la production textile mondiale, mais celui-ci a un impact environnemental lourd pour plusieurs raisons :

  1. Le cotonnier est une plante fragile, elle est donc cultivée avec de grands renforts d’engrais, pesticides et insecticides
  2. Le cotonnier est une plante qui boit beaucoup d’eau, environ 10 000 litres pour 1kg de coton

Pour faire face à cet impact environnemental, se mettent en place des alternatives au coton classique, tels que les cotons recyclés, biologiques, etc… Mais comment faire son choix, et comprendre leurs processus de fabrication ?  

Le coton

Un peu d’histoire

Tout d’abord, le coton de son nom, « al quntun » en arabe, et « algodón » en castillan, provient du cotonnier (genry Gossypium), un arbuste originaire d’Inde, il est cultivé dans de nombreux pays chauds. Depuis le XIX° siècle, il constitue grâce aux progrès de l’industrialisation et de l’agronomie, la première fibre textile du monde.

La présence du coton est attestée en Mésopotamie, notamment par des sources écrites et par l’archéologie. Dès l’Antiquité, l’Inde a été un exportateur de coton.

Le coton

L’impact environnemental du coton

18 millions de tonnes de coton sont produits chaque année, cela entraine un impact considérable sur l’environnement en termes de réchauffement climatique, et de sa consommation d’eau.

Le coton a donc un fort impact environnemental, de par sa production (culture, filature, tissage, coloration), et son transport. Le coton est notamment utilisé dans la production du jean. Découvrez toutes les étapes de fabrication pour un jean, et la consommation d’eau générée :  https://www.youtube.com/watch?v=U9xoi7RSOwo

Afin de faire face aux impacts environnementaux du coton, deux alternatives au coton classique ont émergé.

Les dérivés du coton classique

Suite à cet impact environnemental important, deux alternatives au coton classique ont émergé :

  • Le coton recyclé 

Le coton recyclé est obtenu à partir d’étoffes de coton (chutes industrielles, vieux vêtements…). Les étoffes sont par la suite séparées selon leur couleur, coupées, déchiquetées pour obtenir des fibres d’environ 15 mm. Son recyclage remplace la culture, l’égrenage/teillage et le blanchiment en début de chaîne de production du coton conventionnel. Néanmoins les procédés comme la filature, le tissage et les transformations ultérieures sont appliqués de la même manière que dans l’industrie textile traditionnelle, à l’exception de la coloration du textile qui n’est pas nécessaire. 

Les fibres recyclées obtenues sont un peu moins longues que les fibres naturelles. Il est souvent reproché au coton recyclé d’être de moins bonne qualité et de boulocher au fil du temps. Mais le coton recyclé a beaucoup d’avantages : il utilise très peu d’eau, pas d’engrais, pas de pesticides, pas d’agriculture intensive, etc… Il provient en partie également de chute de coton industriel, par conséquent, il participe à la lutte contre le gaspillage de ressources naturelles, et par la même occasion du textile, ce qui en fait une bonne alternative au coton traditionnel…  

Coton recyclé
Coton biologique
  • Le coton biologique 

Le coton biologique est cultivé sans pesticides, insecticides ou engrais chimiques, et sans OGM. Sont utilisés uniquement des engrais et insecticides naturels, qui ne nuisent pas aux écosystèmes environnants, n’épuisent pas les sols, et ne sont pas toxiques pour les hommes qui travaillent sur la chaîne de production. Son agriculture est plus écologique pour la planète, mais également plus éthique. Dans les usines de tissage et de confection de vêtement, le coton biologique est blanchi à l’eau oxygénée (non au chlore). Les teintures quant

Comparaison entre les 3 cotons selon 2 critères :  

 Réchauffement climatique (kg CO2 eq)Consommation d’eau (m3)
1kg Coton1,9388  
1kg Coton Recyclé0,3540,199
1kg Coton Biologique0,9987,81

Nous pouvons noter une différence importante de la consommation d’eau entre le coton biologique, et le coton classique (-90% d’eau en moins). En effet, les sols biologiques sont plus riches en matières organiques, ils retiennent donc plus l’eau que les sols érodés de la culture conventionnelle. La richesse organique des sols de culture biologique est due notamment à la rotation des cultures, la mise en jachère, l’acceptation des « mauvaises-herbes ». Le sol retient ainsi plus longtemps l’eau de pluie grâce à sa matière organique. Cette eau de pluie peut donc profiter davantage à la plante ce qui implique que le coton a moins besoin d’être arrosé.

Que choisir ?

L’impact environnemental des cotons biologiques et recyclés est moindre par rapport à celui du conventionnel. Il faut toutefois rester vigilent, il est vendu sur le marché mondial une plus grande quantité de vêtement en coton biologique, qu’il n’est produit de coton biologique dans le monde. Certaines marques utilisent l’appellation coton biologique, tout en utilisant des colorants chimiques, ou en utilisant des cotons mélangés. Elles profitent des amalgames entre « naturel », « écologique », et « biologique », pour verdir leurs images, c’est l’essence même du greenwashing. 

Afin de s’y retrouver parmi les différents cotons, il existe des labels qui permettent d’authentifier les cotons (biologiques, recyclés, présence de substances toxiques…). Attention, aux labels dits de type II qui sont des labels auto déclarés par les marques sur la simple responsabilité de celui qui le produit, il n’y a pas de vérification.

Labels ayant une certification officielle :  

  • LABEL GOTS (Global Organic Textile Standard) :  Label mondial qui certifie l’origine biologique des textiles,
  • OEKO-TEX STANDARD 100 : Garantit que les matières premières et intermédiaires utilisées ainsi que les produits finis ne contiennent aucune substance novice pour les personnes et l’environnement,
  • OCS 100 (Organic Content Standard) : Fournit une certification relative à la confection des textiles à partir de matières premières organiques,
  • BLUESIGN : Garantit qu’aucune substance toxique n’a été utilisée pendant la production et fixe des critères contraignants en matière de consommation d’énergie et d’eau,
  • GRS (Global Recycled Standard) : Atteste la présence d’au moins 50% de matières recyclée (dans le produit ou la partie recyclée)

En route vers un nouveau label : ROC (Regenerative Organic Certified)

Regenerative Organic Certified

Ce label concerne les fibres issues de l’agriculture régénérative. Il a pour vocation de mettre fin à l’agriculture industrielle et d’apporter une solution à la crise climatique actuelle. Il s’agit de la norme biologique la plus exigeante. Elle s’applique aux ingrédients alimentaires, textiles et de soins personnels.   

Chloé CASCIOLI
Chloé CASCIOLI
4 avril 2022